Dragon Quest : Koichi Sugiyama

Introduction

Né le 11 Avril 1931 à Tokyo, Koichi Sugiyama est le compositeur attitré des épisodes de Dragon Quest. Plus qu'un simple artiste, il est considéré à juste titre comme l'une des personnes ayant eu le plus d'impact sur l'univers musical des jeux vidéos. Adulé tel un Dieu vivant au Japon, il laisse à chacune de ses productions une trace indélébile dans le coeur des joueurs.

Ses nombreux thèmes sont devenus au fil du temps absolument cultes, à l'image de "Unknown World", "Endless World", ou le mythique "Heavenly Fight". On reproche souvent à Sugiyama de réorchestrer ses anciennes compositions pour les réintégrer dans les nouveaux épisodes de Dragon Quest. Certains vont même jusqu'à remettre en cause son travail de création et son inspiration. Cela serait bien mal le connaître, ces reprises étant très appréciés par les fans, et donnant un côté nostalgique absolument merveilleux lorsque l'on joue à cette saga. Le thème "Intermezzo" est ainsi un exemple flagrant, et cette idée de thème récurrent sera d'ailleurs reprise par Nobuo Uematsu pour la saga Final Fantasy. Sugiyama est un génie reconnu, tant dans le milieu professionnel que chez les amateurs de musiques classiques.

Biographie

Koichi Sugiyama


Après avoir été diplômé en théorie des musiques classiques à l'université de Tokyo en 1958, il intègre la chaine de télévision Fuji Telecasting où il réalise ses premières compositions. En 1965, il décide de quitter son poste pour se consacrer uniquement à l'écriture de bandes originales en freelance. Il réalise ainsi de nombreuses soundtracks pour des jeux tournant sur système PC-8801, tels que celles d'Angelus, Wingman, ou Ghandar. Il signera également des bandes originales d'animes, les plus connues étant celles de Cybord 009 et du mythique Patlabor.

Koichi Sugiyama

Arrive alors l'année qui sera celle de sa consécration : 1986. Un jeu de rôle, Dragon Quest sort et ravage tout sur son passage sur le territoire japonais. Son destin sera alors changé à tout jamais. Remarqué par Enix pour sa passion pour l'univers des jeux vidéo, la célèbre société lui donnera sa chance sur ce premier épisode de la célèbre saga. C'est une véritable révélation pour Sugiyama, sa bande son est un succès sans précédent et est pour beaucoup dans celui de Dragon Quest. Une page se tourne alors dans la production de musiques dans le domaine des jeux vidéo au Japon. Cette soundtrack sera tellement écoutée et appréciée des japonais qu'elle sera la première à recevoir les honneurs d'une réorchestration réalisée par l'orchestre symphonique de Londres, intitulée "Dragon Quest I Symphonic Suite".

Koichi Sugiyama Koichi Sugiyama

Dragon Quest II sort en 1987. Le succès est tout aussi affolant, voir même grandissant. La folie qui accompagne la nouvelle bande son est tout simplement incroyable pour l'époque : en plus d'un nouvel album réorchestré "Dragon Quest II Symphonic Suite", des concerts ayant pour thème Dragon Quest seront ainsi organisés, durant lesquels Sugiyama lui-même dirigera les troupes d'artistes. Cette initiative, le "Family Classic Concerts", sera à chaque fois jouée à guichets fermés, durant les dix-huit représentations qui seront données jusqu'à l'heure actuelle à travers tout l'archipel japonais !

Ce succès prouve l'ouverture d'esprit dont les japonais peuvent faire preuve en matière de musique, quelle que soit leur provenance. Le succès continue en 1988 avec Dragon Quest III, tellement que cette année est votée une loi interdisant tout épisode de Dragon Quest de sortir pendant les jours ouvrés... Un phénomène ! Enix comprend alors qu'il tient l'un des plus grands compositeurs de jeux vidéo au monde.

Koichi Sugiyama Koichi Sugiyama

Koichi Sugiyama

Le début des années 90 sera un nouveau défi à relever pour Sugiyama. En effet, après avoir travaillé sur Dragon Quest IV, il met en place un projet lui tenant réellement à coeur : les "Orchestral Game Concerts", joués par les orchestres Philarmonique de Tokyo. Ces concerts, au nombre de cinq, réalisés en collaboration avec de très grands noms de compositeurs de jeux vidéo comme Koji Kondo (Zelda, Super Mario), Kentarou Haneda (Ys), Kenji Ito (Seiken Densetsu) et Nobue Uematsu (Final Fantasy) auront un succès qui dépassera toutes les espérances de son géniteur. Ces albums font d'ailleurs partis des meilleurs ventes au japon sur les concerts ayant été joués! Tout ce qu'il touche se transforme en or.

Yasunori Mitsuda


Il travaillera également durant cette période sur d'autres projets que Dragon Quest. Il réalisera ainsi les soundtracks de EVO : Search for Eden, Idataki Street 2, et, fait plus intéressant, de Hanjuku Hero en 1992. Il rencontrera à cette occasion Yasunori Mitsuda, qui était à l'époque l'ingénieur son. Cette rencontre sera capitale pour ce dernier, Sugiyama l'encourageant à écrire ses propres musiques... ce qui donnera quelques années plus tard la bande son de Chrono Trigger et de Xenogears! Ironie du sort, cela devait être à la base Sugiyama qui aurait du composer Chrono Trigger... ce qui n'a pas pu être possible, Mitsuda voulant la réaliser sous peine de claquer la porte! Au vu du résultat, on ne peut pas lui en vouloir...

Koichi Sugiyama Koichi Sugiyama

Après avoir écrit les musiques du quatrième épisode (1992), et du cinquième (1995), il se donne un nouveau défi en composant un ballet pour Dragon Quest, qui obtiendra une bonne audience et qui est depuis régulièrement reconduit. Il enchaine alors avec les épisodes VI et VII de la saga. Entre ces deux épisodes, il est souvent appelé à écrire des musiques pour de grands évènements, tels que les courses automobiles de Tokyo et Nakayama. Il profite d'une période à vide pour la saga pour se ressourcer, se reposer et faire des voyages durant lesquels il pourra exercer sa seconde passion : la photographie.

Koichi Sugiyama


En 2004, Sugiyama se lance dans deux grandes aventures, la première, qui sera surement celle la plus gratifiante à titre personnelle : la création de son propre label : "SugiLabel". La seconde sera la réalisation de l'un des plus grand fantasmes ayant animé sa vie de compositeur : l'enregistrement intégral d'une soundtrack par un orchestre philarmonique. Dragon Quest V sera alors le premier jeu vidéo à être pourvu d'une bande originale entièrement enregistrée dans des conditions de concerts ! Un très grand pas pour cet univers. Il réitère ce coup de maître en 2005 à l'occasion de la sortie de la version américaine de Dragon Quest VIII, connu chez nous sous l'appellation "L'Odyssée du Roi Maudit".

Koichi Sugiyama


Il a également participé en 2005 avec d'autres compositeurs de renom à un concert en Allemagne, le "Symphonic Game Music Concert", où pour la première fois il peut animer un orchestre symphonique autre part qu'au Japon. C'est une réelle consécration, et Sugiyama en sera extrêmement fier et touché. Ses dernières créations sont la composition des musiques de Dragon Quest Swords sur Wii, et de Dragon Quest X. A presque 90 ans, cet homme est au sommet de son talent, et continue de nous faire rêver...

En Bref...

Sur les plus de six milliards d'individus composant notre humanité, peu d'entre eux peuvent se targuer d'avoir pu être un modèle ou d'avoir fait avancer leur domaine de compétence. Koichi Sugiyama fait pourtant parti de ces rares personnes, ces génies dont le talent ne restera malheureusement réservé qu'à ceux étant assez ouvert d'esprits pour écouter ses créations.

Les esprits ne sont en effet pas prêts à accepter qu'un compositeur de jeux vidéo puisse se tenir fièrement auprès de grands noms du classique. C'est pourtant le cas, Sugiyama étant souvent comparé à Bach ou Handel de par ses compositions empreintes d'inspirations de l'ère Baroque.

Cet homme a permis à la musique de jeux vidéo d'être prise au sérieuse. Il y a ainsi dans cet univers un avant et un après Sugiyama. Que l'on soit fan ou pas de Dragon Quest, on ne peut que reconnaître son talent. Les albums réorchestrés des Dragon Quest sont de pures merveilles, des condensés de talent, de créativité et de passion. Pris en exemple par Nobuo Uematsu lui-même, Sugiyama est un compositeur tout à fait exceptionnel. Si l'on ne devait avoir qu'une seule chose à retenir de lui, c'est tout simplement que le jeu vidéo n'en serait pas là où il en est sans lui. Merci pour tous ces thèmes absolument divins qui transcendent l'univers dans lequel on joue, et l'expérience même du jeu vidéo...


Section réalisée par Poppu